Ces dernières années, j’ai constaté une évolution notable de la pilosité des hommes de mon entourage : de plus en plus s’étaient laissé pousser la barbe. J’ai remarqué que ce retour du poil facial affectait aussi les représentations médiatiques : la publicité, la télévision, sur internet…
Afin de comprendre les différentes typologies de pilosité, j’ai commencé à faire poser des personnes proches, puis d’autres rencontrées dans la rue ou sur des réseaux sociaux d’internet. Des inconnus se sont même proposés d’eux-mêmes, se reconnaissant dans la série. Pour ne pas être juge, il me fallait un oeil neutre similaire au procédé employé par Thomas Ruff proche du photomaton afin d’uniformiser la lumière, le lieu, le cadre et les expressions. En juxtaposant les portraits, j’ai réalisé une situation paradoxale : d’un côté la barbe apparaissait comme une affirmation de l’individualisme – prendre soin de son apparence -, de l’autre ce « souci de soi » s’accompagne aussi d’une forte uniformisation, que le processus de réalisation des images met en évidence.
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